Cyrille Baudouin,
Ingénieur formation
"Mettre en relation l’expertise scientifique et les besoins du monde socio-économique"
Quelles sont vos missions en tant que responsable de l’offre de formation de l’École Universitaire de Recherche - SPECTRUM - spécialisée en sciences fondamentales et ingénierie ?
Ma mission première est de relier l’expertise scientifique de nos enseignants-chercheurs aux besoins de formation des entreprises ainsi qu’aux attentes de formation des étudiants. Le paysage de l’école est particulièrement riche et varié : treize parcours de master, dont près de la moitié proposée en alternance, certains tout récemment ouverts.Je ne suis pas directement en contact avec les étudiants, mais j’agis en coulisse pour qu’ils puissent bénéficier d’une offre de formation de haut niveau bac+5. L’objectif est clair : leur donner les moyens de s’insérer facilement sur le marché du travail grâce à des compétences à la fois théorique et technique, voire de poursuivre en doctorat pour acquérir une expertise plus pointue, recherchée aussi bien dans le secteur public (enseignement, recherche) que dans le secteur privé.
Mon autre mission est d’accompagner et d’animer le réseau des responsables de formation, surtout dans des contextes exceptionnels. Je pense par exemple à la période du Covid où nous avons dû mettre en place l’enseignement comodal.
Quels projets ou réussites pourraient illustrer l’impact de votre travail ?
L’une des réalisations dont je suis le plus fier est l’ouverture du parcours OPTIQ, il y a trois ans. Ce projet illustre parfaitement ce qui me motive : faire converger l’expertise scientifique de nos enseignants-chercheurs avec les besoins émergents en formation pour former la nouvelle génération d’ingénieurs et de scientifiques, ici dans le domaine de l’optique et de la photonique. Pour mener à bien ce projet, j’ai travaillé main dans la main avec le responsable du parcours et l’équipe pédagogique pour garantir la cohérence de la formation avec l’expertise de nos laboratoires azuréens. Nous avons également bâti un réseau d’entreprises partenaires pour faciliter la recherche de contrat en alternance et faciliter l’insertion de nos diplômés sur le marché de l’emploi.
Je suis également heureux d’avoir (co) piloté la mise en place des cours optionnels à la carte, appelés mineures, proposés aux étudiants et doctorants de l’école. Ces cours élargissent et développent leurs compétences (project management, enjeux climatiques, objets connectés…), un atout précieux pour leur insertion professionnel.
Cyrille Baudouin
Comment voyez-vous l’évolution de votre rôle dans les années à venir ?
Mon rôle va évoluer au rythme de deux grands enjeux majeurs pour l’Ecole. D’abord, celui de répondre aux besoins croissants en recrutement dans des secteurs où les compétences évoluent très vite. Je pense aux secteurs du spatial, à l’industrie pharmaceutique, en passant par la recyclabilité ou la data science — dans un contexte marqué par de profondes transitions environnementales, technologiques (IA, quantique) et politiques (réindustrialisation).
Ensuite, affirmer notre positionnement face aux Grandes Écoles d’ingénieurs, en renforçant à la fois l’attractivité et la crédibilité de nos formations.
Concrètement, il s’agira de s’appuyer plus que jamais sur l’excellence scientifique et technologique de nos laboratoires, et intensifier la collaboration avec les entreprises dès la conception des programmes.
Plusieurs chantiers sont déjà engagés : développement de l’apprentissage par projets à travers nos plateformes pédagogiques et technologiques (Fablab, Centre Spatial Universitaire), création de nouveaux cursus, renforcement des passerelles entre master et doctorat et ouverture accrue à la mobilité internationale… En somme : transformer l’offre de formation pour qu’elle soit aux prémices des avancées du monde scientifique, économique et industriel — et donner à nos étudiants une longueur d’avance.